Notre époque se caractérise entre autres par le recul ou la disparition de nombreuses maladies (notamment infectieuses) et par le développement conjoint d’autres formes d’atteintes à la santé (maladies dites « de civilisation » ou dues aux conditions de vie). Parmi ces dernières, le lien entre les conditions de travail et l’état de santé a fait l’objet d’une attention toute particulière au cours des vingt dernières années.

Indépendamment des « maladies ou accidents » professionnels proprement dits, on a observé que des formes nouvelles mais très dures de souffrance sont apparues et tendent à se généraliser. La loi impose aux employeurs de veiller à la santé de leurs collaborateurs. Il est dès lors incontournable qu’une évaluation rigoureuse des conditions de travail soit conduite pour prévenir des dommages qui, lorsqu’ils se produisent, ont un impact potentiellement dramatiques sur la vie de celles et ceux qui les subissent… en plus d’occasionner des coûts importants.

Contrairement à ce que l’on a longtemps considéré, la santé n’est pas un état stable et en quelque sorte inerte signalé simplement par une absence de maladie. Il s’agit plutôt d’un état dynamique de bien-être suffisant (physique, psychologique et social) permettant à une personne de préserver son équilibre et de négocier les contraintes de sa vie en s’appuyant sur des ressources (internes et externes) adéquates [1].


Lire la suite

Tout n’est pas rose au pays du travail. Déshumanisation, procédurisation excessive, désorientation du management, démotivation ou résistance des équipes, perte de sens, durcissement des conditions ou de la charge de travail, on entend bien les multiples formes de la souffrance au travail.

Nommer les problèmes fait bien sûr sens. Une autre voie, de plus en plus empruntée, consiste plutôt à observer comment c’est lorsque cela fonctionne bien. Certaines entreprises et institutions dans ce paysage un peu sombre se singularisent par une créativité et une performance élevées avec des indicateurs de satisfaction au travail qui le sont tout autant…

Comment ces organisations font-elles ? Qu’est-ce qui les distingue et les caractérise ? Peut-on s’inspirer de leur fonctionnement pour restaurer la confiance et le confort des organisations en souffrance ? Petit tour d’horizon de leur spécificité à la lumière des recherches actuelles.

Lire la suite

Parmi les nouvelles récurrentes qui font les gros titres en notre République (et ailleurs), on trouve en bonne place des situations où des instances de gouvernance, privées ou publiques, se sont méchamment plantées. Fondation des Immeubles pour les Organisations Internationales, Aéroport de Genève, SIG ou Fondation pour le Stade de Genève, qu’y a-t-il à en apprendre ?

Les recherches autour de l’intelligence collective ont énormément progressé au cours de la décennie écoulée. Avec comme point de départ des exemples autrement plus graves (Pearl Harbour, débarquement de la Baie des Cochons, lancement de la navette spatiale Columbia, faillite de Swissair, échecs commerciaux comme l’Apple Map) où des collectifs composés d’experts indiscutablement compétents en sont arrivés à prendre des décisions complètement erronées…

Les questions de fond sont les suivantes : comment expliquer que des groupes à haut niveau d’expertise puissent déboucher sur des solutions inaptes ? Existe-t-il des conditions propres leur permettant une construction d’intelligence heureuse (devenant plus que la somme des parties selon la formule consacrée mais exacte) ? Et, à l’inverse, existe-t-il des processus qui la handicapent ou la mettent en échec ?

Terrain passionnant donc puisqu’il concerne notre quotidien à travers celles et ceux qui ont la responsabilité de le façonner, mais aussi nous-mêmes (comment est-ce que je m’inscris dans les activités collectives qui sont les miennes, en famille, dans mes relations de voisinage, au travail, dans mes activités de loisir…) Ainsi que nos aptitudes d’espèce : l’humanité n’aurait pu survivre à la surface de la Terre sans une forte débrouillardise groupale, ainsi que la compétence à trouver des solutions innovantes et efficaces.

Lire la suite